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EPE 13

Andréa Astier, psychologue à l’EPE13


Prendre soin du tout-petit passe avant tout par des expériences partagées. Les liens entre
un parent et son bébé se construisent au fil des échanges : le regard, l’écoute, le portage,
la présence. Ces interactions constituent les premières bases de la relation.
Le bébé communique essentiellement de manière non verbale. Ses pleurs, ses gestes,
ses attitudes sont autant de signaux que les parents tentent de comprendre. Pourquoi
pleure-t-il ? A-t-il faim, besoin d’être rassuré, porté, stimulé ? Cette recherche de
compréhension permet aux parents d’ajuster leurs réponses et de s’adapter aux besoins
du tout-petit.
Le bébé a besoin d’un environnement attentif et réceptif. Il accueille également les états
émotionnels de son entourage, dans une forme de partage sensible de ses ressentis. La
relation s’inscrit ainsi dans une dynamique d’ajustement mutuel.
Prendre soin d’un bébé, c’est aussi relier ses vécus corporels (sensations, mouvements,
sons) aux mots qui leur donnent sens. C’est dans cette continuité que se construit
progressivement une sécurité intérieure.
La réponse du parent à la demande du bébé n’est pas toujours immédiate. Ce temps
d’attente, entre l’appel et la réponse, laisse une trace dans la mémoire du tout-petit.
L’accordage entre le parent et l’enfant contribue alors à créer des repères, une continuité
faite de rythmes, de présences et d’absences, de sensations et d’émotions.
Au fil des expériences, le bébé construit une première forme d’identité à partir de ces
perceptions sensorielles et relationnelles. Il développe progressivement une image de
lui-même, en lien avec ceux qui prennent soin de lui. La conscience de soi se construit
ainsi avec la conscience de l’autre.
Le soin s’inscrit dans une relation vivante, où le corps occupe une place centrale, dans
un espace de rencontre entre le parent et l’enfant. Cet espace est aussi celui des
échanges, des transformations et des ajustements réciproques.
Le bébé participe activement à cette relation. Il influence, à sa manière, les parents dans
leur façon d’être et de répondre. Chacun se transforme au contact de l’autre, dans une
dynamique d’intériorisation des expériences partagées.
Prendre soin renvoie également à la notion de bien-être, pour le parent comme pour
l’enfant. Être en bonne santé, c’est éprouver un sentiment global de satisfaction des
besoins fondamentaux : se nourrir, se reposer, ressentir, partager.
Cela pose une question essentielle : peut-on prendre soin de l’autre sans prendre soin de
soi ?
Les échanges au sein de l’atelier, entre parents et professionnels, ont permis de faire
émerger plusieurs réflexions autour de cette question :

  • « Les enfants sont comme des éponges, si on va mal, ils n’iront pas bien »
  • « Sur le moment, j’ai fait ce que j’ai pu, après coup il faut que je réfléchisse à ma
    relation à l’enfant »
  • « Pouvoir s’exprimer dans un lieu qui accueille ce que l’on a sur le cœur en tant que
    parent »
  • « Trouver des mots pour dire »
  • « Échanger avec des amis »
  • « Écouter et repérer ses propres émotions d’adulte »
  • « Ne pas s’oublier : bien manger, bien dormir, faire du sport, écouter de la musique,
    lire »
  • « Prendre du plaisir dans le temps partagé avec son enfant »
  • « Prendre le temps d’être ensemble »
  • « Faire de la place pour prendre soin de soi »
  • « Changer d’air, partir, seul ou avec son enfant »
  • « Profiter de la nature, du soleil, de la mer, du sable »
    Prendre soin de soi apparaît ainsi comme une condition essentielle pour pouvoir prendre
    soin de son enfant. Dans cette attention réciproque, parent et bébé se construisent et se
    transforment ensemble.

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